DC Graphic Novels, Graphic Nuggets, Trans-America-Express

Preambule: A Tale of A Black Freighter

joe orlando
Joe Orlando

Comme toujours dans l’éternelle guerre qui oppose les 2 majors du comic book, lorsque l’un créé quelque chose de nouveau l’autre suit le pas rapidement afin de ne pas laisser le terrain inoccupé face à son concurrent.
Nulle surprise donc à ce qu’un an après l’arrivée des MGN, en 1983, DC Comics lance donc sa propre ligne d’albums au format franco-belge: les DC Graphic Novels.
Cette nouvelle collection est placée sous la responsabilité d’un très grand artiste passé de l’autre côté de la barrière éditoriale et qui marqua d’une immense empreinte le monde de la bande dessinée américaine et de la culture populaire : Joe Orlando.

Enfin d’émigrés italiens débarqués aux Etats-Unis en 1929, Joe Orlando fit partie de la seconde génération de dessinateurs de comics et côtoya durant ses études le grand Alex Toth ainsi que celui qui deviendra son meilleur ami dans ce business, Carmine Infantino.
Débutant comme assistant de l’immense Wallace Wood, le reste de la carrière d’Orlando tient du parcours mythique puisqu’il devient bien vite rapidement dessinateur pour EC Comics, produit ensuite des illustrations de couvertures pour Times et Newsweek, dessine une flopée de Classics Illustrated, participe au lancement du strip Little Orphan Annie et collabore régulièrement avec MAD et National Lampoon.

sea monkeys

Les années 60 le voient dépasser le simple statut de dessinateur en devenant d’abord Story Editor pour les magazines Eerie et Creepy de Warren Publishings mais surtout en intégrant le département design et marketing pour la compagnie de jouets Harold Von Braunhut.
Jouets? Gadgets devrions nous plutôt dire puisque cette entreprise produisait principalement des trucs comme les lunettes à rayons X ou des pois sauteurs ; bref, l’équivalent de notre Pif Gadget.

Pour cette compagnie, Orlando est principalement en charge de tout ce qui concerne les Sea Monkeys qui deviennent bien vite un énorme succès.
Plus que ça même puisqu’ils impriment définitivement la conscience de 2 ou 3 générations d’américains ; tant et si bien que même un dessin animé sera produit sur la base des dessins d’Orlando dans les années 90.

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Carmine Infantino

Devenu dessinateur pour DC Comics, Orlando verra son ascension liée à celle de son ami Carmine Infantino qui lors de son arrivée au poste d’Editor in Chief confiera tout un groupe de magazines à celui qu’il connaît depuis ses études.
Dorénavant responsable d’une bonne partie des titres Western (BatLash, Weird Western Tales…) et d’horreur (House of Mystery, The Witching Hour…), Orlando va imprimer une fois de plus sa marque dans l’évolution des comics de l’époque.

En effet, c’est lui qui convainc Infantino lors d’un voyage aux Philippines de recruter certains des dessinateurs locaux et permet donc au public occidental de découvrir des noms comme Tony DeZuniga, Alex Niño ou Alfredo Alcala.
Surtout, et c’est là où l’on va enfin arriver au sujet qui nous concerne, l’ascension d’Orlando au sein de l’organigramme DC continue.

jenette kahn
Jenette Kahn

En 1981, Jenette Kahn devient la première femme présidente d’une maison d’édition de comics (et accessoirement la plus jeune personne ayant obtenu ce poste) avec l’intention de faire bouger les choses.
Si Paul Levitz est le vice-président officiel de la compagnie, Kahn conserve néanmoins sa confiance à Orlando et le nomme vice-président de DC en charge des projets spéciaux, une mission aux contours bien flous et aux pouvoirs étendus.

Ainsi, à côté des comics en eux-même, le département confié à Joe Orlando s’occupe du style-guide et du design de tout ce qui a trait aux personnages DC, que cela soit les publicités à l’intérieur des comics, les T-shirts, les jouets…
Cependant, la production de comics fait bien partie de l’activité de ce département et c’est ainsi qu’Orlando se voit diligenté dans l’urgence pour produire une réponse aux Marvel Graphic Novels de la maison d’en face, qui plus est avec un budget riquiqui.

paul levitz
Paul Levitz

Orlando a bien un projet qui devrait attirer la lumière sur cette nouvelle gamme mais l’auteur de ce DCGN va prendre un certain retard (nous y reviendrons plus tard) et notre editor se retrouve donc dans une situation quelque peu compliquée.
De plus, afin de se distinguer de son homologue marvélien et d’avoir son identité propre, la collection ne doit mettre en scène que des personnages inédits, à l’exception du fameux DCGN précité.
Impossible donc de faire un démarrage en fanfare avec un truc dans la veine d’un Death of Captain Marvel donc.

Face à toutes ces contraintes, Joe Orlando adopte une solution étrange et qui va constituer un certain handicap pour le lancement de cette collection.
Mais c’est ce que nous verrons plus tard dans l’article consacré au premier graphic novel de DC qui est lié à un autre domaine que les comic books…

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©Atari SA

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