2099: The World of Tomorrow (of Yesterday), Graphic Nuggets, Marvel Extravaganza

Softer than Shadow and Quicker than Flies (Spider-Man 2099)

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©Marvel Comics

La 1ère série lancée est donc un portage futuriste du personnage étendard de Marvel avec Peter David, Rick Leonardi et Al Williamson aux manettes.
Elle sera la plus stable de toutes les séries 2099 tant par sa longévité que par sa qualité.

Pitch: « Miguel O’hara, jeune scientifique au service de la mégacorporation Alchemax devient le nouveau Spider-Man suite à une expérience ratée. »

Côté création, David et Leonardi font preuve de malice, voire d’une certaine rouerie commerciale.
En effet, le premier arc de la série, celui qui introduit les personnages est placé sous haute influence cinématographique.
Ainsi, l’expérience qui confère ses pouvoirs à Miguel est un hommage plus que transparent au remake de La Mouche de David Cronenberg tandis que l’intrigue en elle-même est inspirée de celle de Mort à l’Arrivée.

Niveau design graphique du costume de ce nouveau Spider-Man, après des essais.. hum… discutables de Carl Potts et John Romita Sr, Leonardi fait preuve lui aussi d’un certain art du recyclage.
Certes, il conserve le patron de couleurs rouge et bleu du costume de Spidey mais il s’en démarque en intégrant des éléments de personnages très populaires et qui vont d’emblée attirer l’oeil du lecteur: emblème sur le torse rappelant le Punisher, motif du masque rappelant le casque de Magneto et ergots sur les bras directement repris de Batman.

Si ce travail de l’équipe créative peut passer au premier abord pour du recyclage ou du remix, les deux artistes vont pourtant réussir à s’émanciper en livrant une excellente série.

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©Marvel Comics

Autant le dire d’emblée, Peter David fait… du Peter David.
C’est à dire qu’avec lui, les personnages sont mis au premier plan et qu’il est plus intéressé par leurs interactions et le soap, ce qui n’est pas péjoratif dans notre bouche, que par l’action à tout crin ou la description de ce nouveau futur « marvelien » tenu au simple rôle de décor exotique.
Finalement, on se fiche un peu des combats de ce nouveau Spidey et il faut bien avouer que les différents super-vilains ne sont pas des créations qui marquent les esprits.
Par contre, on se passionne pour Miguel et ses démêlés très terre à terre avec sa mère, son frère, sa petite amie, son patron…
En cela, David fait du pur Spider-Man!!!

Et pourtant… pourtant, Miguel O’hara est un homme bien différent de Peter Parker.
Plus âgé que ce dernier au moment où il acquiert ses pouvoirs, Miguel apparait plus cynique, moins enclin à l’héroïsme poussant à sortir faire des rondes toutes les nuits et moins comique dans son rôle masqué que son équivalent du 20ème siècle.
L’auteur s’amuse même de cette différence en reprenant littéralement la célèbre tirade sur les grands pouvoirs pour mieux la détourner en remplaçant les responsabilités par la culpabilité.

Petite coquetterie très agréable, David parvient à distinguer son héros de son modèle en renouvelant la gamme de pouvoirs donnés sans tomber dans les délires ésotérico-soporifiques à la J.M. Straczinsky.
Et surtout, la série possède LE personnage imparable, LE personnage au charme ravageur pour tout lecteur… Lyla.
Lyla, l’hologramme domestique et confidente de Miguel et qui, loin d’être un simple H.E.R.B.I.E en jupons est une personnalité à part entière et le meilleur personnage de la série.
Elle a autant le don d’agacer (légèrement) les autres personnages que de mettre le lecteur dans sa poche.
En gros, vous aimez Layla Miller dans les X-Factor du même David?
Eh bien vous aimerez Lyla aussi et la parenté de nom n’est sûrement pas innocente (non, Lyla ne sait pas tout).

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©Marvel Comics

Comme la plupart des séries 2099, on peut diviser S-M 2099 en deux périodes.
Dans un premier temps, la série s’installe et tourne à bon régime dans son petit univers, développant son ton, ses intrigues, son support cast…
Même le premier crossover de l’univers 2099 (Fall of the Hammer) ne bouleverse pas trop les choses.
La paire Leonardi / Williamson livre des planches superbes comme à son habitude et même durant leur absence (quelques fill-ins graphiques de Kelley Jones, Grindberg, Lim…), la série ne souffre pas trop de ce manque.
Les épisodes s’enchainent et se construisent naturellement les uns sur les autres jusqu’à LA révélation du numéro 25.

Ce pu..in de numéro 25 qui vous décrochera la mâchoire.
Le genre de numéro typique de David pour relancer ses séries dans de nouvelles directions dès que celles-ci semblent stables et propices à tomber dans un train-train lénifiant.
Malheureusement, c’est aussi le dernier épisode dessiné par Leonardi et Williamson et la série ne retrouvera jamais ce niveau d’excellence graphique.
La relève graphique sera dans un premier temps assuré par un Joe St Pierre pas terrible mais possédant un trait cartoony collant plus ou moins au scénarios de PAD puis reprise par le tâcheron Andrew Wildman (du sous Tom Lyle. Ca fait peur, hein!!) durant la 2de période de la série.

Comme toutes les séries 2099, la seconde période se place sous l’égide de AD (nous reviendrons sur ces mystérieuses initiales  quand nous parlerons de la série Doom 2099) et voit Miguel devenir directeur d’Alchemax et ministre des affaires super-humaines.
Si ce second poste n’a pas trop d’importance dans la série, le premier permet encore de relancer celle-ci dans de nouvelles directions en confrontant Miguel à de nouvelles responsabilités.

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©Marvel Comics

Contrairement aux autres séries à l’exception de Doom, David continue de mener sa barque à un bon niveau même s’il échoue sur un écueil qu’il avait évité jusque là (à une exception près et encore) en créant coup sur coup des versions 2099 bien fades de Venom et du Green Goblin.
La saga du nouveau Venom mènera à la mort d’un des membres du supporting cast avant que l’arc du Goblin ne signe le départ de Peter David, démissionnant alors par solidarité suite à l’éviction de l’éditor Joey Cavalieri, et la fin de la série en VF.

Au rayon des inédits, il manque 2 épisodes de la série en français.
Ils sont écrits par Terry Kavanagh et dessinés par Mike McKone et servent à mettre en place le nouveau status-quo de l’univers 2099 sur lequel nous reviendrons plus tard.
Manque aussi à l’appel les deux derniers chapitres de la back-up consacrée à la jeunesse de Miguel ainsi que les 2 annuals de la série.
Si le premier est assuré par l’équipe David/Leonardi/Williamson et du même niveau que leurs épisodes habituels, le second est pondu par des tâcherons et s’avère totalement dispensable.

Si vous voulez en lire plus sur Spider-Man 2099, l’auteur reviendra plusieurs fois sur le personnage.
Tout d’abord au travers d’épisodes de son Captain Marvel afin de résoudre certains sub-plots qu’il n’avait pu mener à terme suite à son départ précipité.
David effectue içi du tricotage d’auto-continuité de haut vol au sein d’une intrigue spatio-temporelle plus grande que nature qui fait taire ceux qui reprochaient à son Captain de manquer d’un soupçon de « cosmico-fantaisie » par rapport aux aventures de son paternel.
Un récit captivant mais nécessitant de connaitre l’oeuvre de l’auteur pour être pleinement appréciable.

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©Marvel Comics

A lire aussi si vous aimez la série, le one-shot Spider-Man vs Spider-Man 2099 publié dans feu le magazine Marvel, seul crossover avec l’univers Marvel habituel et réalisé par le trio David/Leonardi/Williamson.
C’est un petit crossover très sympathique au scénario spatio-temporel bien barré qui déjoue habilement une bonne partie des clichés inhérents à cette exercice de style.
David accomplit même la prouesse d’utiliser cette rencontre pour affirmer encore plus la personnalité de son personnage et ses différences avec Parker.

A noter que les (véritables) antagonistes de ce récit (donc pas ceux de la couverture ci-dessus) réapparaitront dans les Spectacular Spider-Man du même auteur dans les années 2000 pour une nouvelle intrigue spatio-temporelle malheureusement quelque peu brouillonne.

Passons enfin vite fait sur la dernière série Spider-Man 2099 publiée par Marvel.
Outre des dessins de Will Sliney aussi vivants et dynamiques qu’un bloc de marbre, PAD (guidé par le staff éditorial?) s’est tiré une balle dans le pied en ramenant le héros à notre époque, se privant ainsi du supporting cast qui était bel et bien le principal intérêt de lecture à la base.
Jetez-vous donc plutôt sur la série originale à la place.

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©Marvel Comics

 

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