Celluloid Pictures of Living, Strange Cultures

Gimme your hands, ’cause you’re wonderful (Ready Player One)

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©Warner Bros. Pictures

Un peu plus d’un an après sa sortie, il nous semblait intéressant de revenir sur le Ready Player One de Steven Spielberg qui divisa quelque peu les spectateurs et se retrouva sous le feu de certaines critiques qui semblaient aller dans tous les sens.

Film faisant l’apologie du cinéma doudou pour geeks ou au contraire le condamnant sans embages… charge d’un vieux papy nous assénant sa leçon luddite comme quoi il faudrait lâcher nos écrans… mauvaise retranscription des codes du jeu vidéo de masse et de la réalité virtuelle… charge contre une industrie hollywoodienne assujettie à des équipes marketing n’ayant d’yeux que pour les super-héros… quête mal branlée rejouant les tropes du monomythe de Joseph Campbell sans imagination… trahison du livre… et on en passe et des meilleures.
Dans un flot accusant l’adaptation cinématographique du livre d’Ernest Cline de tout et son contraire, le film semblait quelque peu insaisissable et se prêter à plusieurs interprétations toutes aussi valables les unes que les autres, ce qui suffit déjà en soi à démontrer la valeur du film.
Et pourtant…

Et pourtant, et si derrière le geek porn à tous les étages du film le coeur de ce dernier était visible aux yeux de tous pour peu que l’on ne se focalise pas sur le « clinquant », à savoir les 3000 références « pop-culturelles » à la seconde?
C’est ce que nous allons tenter modestement de démontrer aujourd’hui au travers de trois aspects du film qui sont interconnectés.

Fractured Mirror:

RPO1
©Warner Bros. Pictures

La première et la plus visible de ces caractéristiques est certainement le caractère d’auto-portraits de RPO.
Oui, vous avez bien lu, le terme est au pluriel, et à dessein, puisque James Halliday et Wade Watts sont tous les deux des représentations de Spielberg à des stades différents de sa carrière.

Le plus évident, le plus facilement visible à l’écran, c’est Halliday tant il partage de points communs avec le réalisateur.
Les deux sont des hommes qui ont révolutionné l’imaginaire populaire de par leurs créations, qui ont donné naissance à un « culte » chez des communauté de fans, qui ont créé une oeuvre qui suscite autant l’admiration, la dévotion (chez les fans) que l’envie et l’avidité commerciale d’une industrie prête à tout pour dupliquer la formule magique du maître avec comme seule envie de faire du profit.

L’autoportrait est transparent que cela soit dans les traits physiques d’Halliday que dans son enfance de gamin solitaire replié sur ses mondes imaginaires, sa timidité et maladresse maladive de jeune adulte qui rappelle les différentes anecdotes tournant autour de Spielberg au temps où il trainait avec ses potes réalisateurs du Nouvel Hollywood dans la maison de Margot Kidder et Jennifer Salt ou bien dans la manière dont il est devenu l’alpha et l’omega de la culture populaire.
Si l’Oasis d’Halliday est au centre de tous les enjeux du film, l’héritage culturel de Spielberg l’est tout autant pour Hollywood tant nombre de studios, de producteurs ou de réalisateurs ne cessent d’essayer de recréer la magie des films du maître ou de ses productions Amblin (coucou J.J. Abrams ou Stranger Things à tout hasard).

Même la culpabilité d’Halliday envers son ex-partenaire pourrait être vue comme un sentiment inavoué de Spielberg envers ses anciens camarades du Nouvel Hollywood qui, Scorsese mis à part, ont connu des parcours plus chaotiques et sont aujourd’hui plus ou moins retirés de l’industrie ou envers son ancien mentor Sid Sheinberg comme pourrait le laisser penser l’une des conversations entre Halliday et son associé:

– « Si on répond à la demande ou aux besoins du public on est obligé de se poser des limites. »
– Je ne veux plus établir de règles. Je suis un rêveur. Je bâtis des mondes. »

Au travers de ce personnage, le réalisateur se pose clairement la question de son héritage, de sa postérité.
Mais avant de creuser plus en avant cette question, il faut d’abord se tourner vers l’autre personnage principal du film.

Car Wade Watts est aussi Steven Spielberg… mais celui des années 60, l’adolescent, le jeune adulte, le fan de cinéma, l’aspirant réalisateur surdoué qui n’a pas encore fait sa place à Hollywood.
Là aussi, la ressemblance physique entre l’acteur choisi et le réalisateur dans sa jeunesse saute aux yeux.
Mais bien d’autres points les rassemblent et sont égrenés au cours du long métrage.
Les 2 vivent au sein d’une famille dysfonctionnelle, ont une gêne envers le sexe opposé, ne se lient qu’avec des gens qui sont animés par la même passion et les même références.

Wade partage aussi avec son réalisateur une admiration et une connaissance sans faille des modèles qui les ont précédés, que cela soit Halliday pour l’un ou John Ford, Alfred Hitchcock ou David Lean pour l’autre.
L’un comme l’autre ne font pas qu’admirer leurs idoles mais connaissent tous leurs tours, leurs détails biographiques, leurs techniques…
De même, Wade est comme Spielberg un petit surdoué qui a assimilé cette connaissance et sait l’utiliser à son profit dans un mélange de réflexion et d’instinct pur.
Et c’est cette composante qui nous mène à la seconde étape vers le coeur de Ready Player One.

Use Your Illusion:

Film Review Ready Player One
©Warner Bros. Pictures

« Pourquoi on ne peut pas revenir en arrière pour une fois? »

Avec cette phrase, Halliday donne la premier indice à Wade et Spielberg à son public.
Mais attention, contrairement à ce que certains spectateurs ont pu croire, il ne s’agit nullement là d’un message passéiste et régressif nous enjoignant à revenir au bon vieux temps des années 80 quand tout était pur et qu’il n’y avait pas de vilains smartphones et internet.
Si vous avez cru y voir l’équivalent d’un meme à la « de mon temps, on s’amusait avec un bâton ou un ballon », vous avez tout faux.
Car cette phrase, il faut la mettre en lien avec la résolution de la première énigme qui voit Wade reculer sur la piste de course et passer derrière le rideau, derrière le décor, sous les rouages du jeu pour enfin le terminer.

Et c’est là l’un des aspects les plus importants dans le propos du film, celui qui pose tout l’enjeu de ce que le réalisateur voudrait que nous fassions.
L’important pour Spielberg, et plus particulièrement en tant que réalisateur s’adressant à ses pairs et son public, n’est pas tant de chercher à produire des oeuvres plus grandes, plus fortes, plus friquées que celles qui les ont précédées (« personne ne peut passer au-dessus de King Kong ») mais bien de comprendre le fonctionnement de ces films, d’assimiler les mécaniques et le coeur qui font qu’on les aiment tant parfois 50 ans après leur sortie.
Ainsi, tout Ready Player One peut se lire comme un éloge de l’analyse filmique et de la critique.

Il enjoint donc le spectateur à prendre du recul sur ce qu’il regarde plutôt que de l’accepter et de le comprendre de la manière la plus littérale possible.
Bien au contraire, ce recul permet d’acquérir un regard différent sur ce que l’on voit et c’est en démontant les rouages d’une oeuvre, en l’analysant sous toutes les coutures, en l’interprétant, quitte à parfois faire fausse route, que l’on pourra s’approcher au plus près de la magie de celle-ci, de son coeur, de son véritable propos.

En prenant le film sous cet angle, on peut en effet y trouver une certaine critique du système hollywoodien qui ne cesse de vampiriser de vieilles franchises ad nauseum par le biais de suites, reboots, prequels, spin-offs, remakes… en n’ayant comme seule ambition de faire plus gros, encore plus gros, toujours plus gros.
Spielberg semble dire en substance que plutôt que de produire des Super Etoile de La Mort, des Indominus Rex ou des ÜberPredator, il serait plus intéressant de se repencher sur les oeuvres originales et d’en chercher le véritable coeur, la véritable démarche, la véritable idée sous-tendant ces films.
Il ne faut donc pas rester à la surface des choses (l’Alien, le sabre laser, le Terminator…) mais chercher à comprendre ce que voulait raconter le réalisateur derrière ces apparats certes excitants mais qui ne sont que cela.
Le coeur d’Alien c’est le huis-clos horrifico-métaphysico-sexuel, celui de Star Wars c’est le monomythe de Campbell, celui de Terminator c’est l’histoire d’amour entre Sarah et Kyle qui transcende l’espace et le temps.

Spielberg nous adresse au travers de son film la nécessité du « pourquoi? ».
Pourquoi aime-t-on ces/ses films? Pourquoi ont-ils autant touchés l’âme du spectateur?
Mais il prolonge cette réflexion d’un second message qui s’adresse à tous les créateurs en activité ou en devenir; celui de la nécessité de se réapproprier les oeuvres pour les emmener ailleurs.
C’est ce qu’il fait au travers de son adaptation du livre de Cline et il souligne son message plus particulièrement au travers d’une scène, probablement la plus impressionnante du film et qui a mis tout le monde d’accord, détracteurs comme laudateurs de RPO.
Cette scène c’est bien évidemment le détournement magistral qu’il fait du Shining de son mentor Stanley Kubrick sur laquelle il agit à un double niveau.

Le premier est strictement formel et cinématographique puisque le réalisateur surprend le spectateur en livrant tout d’abord une copie hallucinante du fameux long métrage de Kubrick.
Tout y passe: la photographie, la composition des cadres, le moindre détail des décors, les mouvements de caméra…
La reconstitution est bluffante sauf que… sauf que soudainement, Spielberg emmène tout cela sur son propre terrain lorsqu’il réinvestit la scène du bal.
Sans prévenir, le réalisateur fait basculer le fantastique dans une dimension plus foraine avec son bal des fantômes aussi horrifiquement macabre que sombrement drôle.
On est ici plus proche de son propre Poltergeist et de certains passages de ses autres films (particulièrement les Indiana Jones) et c’est là tout l’intérêt de la scène plus que la reconstitution en elle-même.
Par ce basculement soudain, l’artiste nous rappelle la nécessité de nous émanciper de nos modèles, de les croiser avec d’autres et de les emmener ailleurs plutôt que de se borner à la copie stérile de formules éprouvées.

Le second tient au scénario lui-même, en ce en quoi la scène diffère de celle décrite dans le roman et constitue notre transition vers notre troisième partie.
Il convient de rappeler que dans le livre le film revisité est en fait Wargames de John Badham et que l’épreuve consiste à rejouer exactement les dialogues du films.
Comme nous l’avons vu juste avant, Spielberg n’est pas dans cette démarche stérile et pour lui l’accumulation de connaissances simplement régurgitées sans réflexion ou démarche personnelle derrière semble bien peu intéressante.
A la place, il démontre que la transposition d’une oeuvre d’un média à un autre nécessite toujours des changements afin d’être pertinente, d’où le choix de Shining, objet autrement plus cinématographique que Wargames (tout sympathique que soit le film).
Mais surtout, il change profondément la démarche puisque dans le film la résolution de l’énigme passe non pas par la connaissance geekesque mais par la connaissance de l’âme, par les sentiments, par l’empathie…
Toute cette démarche de recul par rapport au cinéma (dans le cas du film) n’a pour but que de servir à la compréhension de l’Autre.

I Wanna Hold Your Hand:

RPO2
©Warner Bros. Pictures

« Merci d’avoir joué à mon jeu »

Ce lien à établir avec l’Autre nous semble être le coeur même du film et par extension du cinéma de Steven Spielberg dans son ensemble.
Afin d’appuyer ce point, nous vous renvoyons à l’excellent documentaire sorti sur HBO il y a quelque temps et dans lequel le réalisateur se livre comme jamais en revenant sur nombre de détails intimes de sa vie et comment ceux-ci ont traversé toute son oeuvre.
C’est là qu’on voit, enfin pour ceux qui ne l’auraient pas dénoté, que Spielberg n’est finalement pas si différent de ses camarades du Nouvel Hollywood et que sa démarche est sous-tendue par une volonté de transmettre la réalité brute des sentiments, des émotions et de son environnement directement héritée de la Nouvelle Vague qu’il admire (point que nombre de critiques comme de geeks préfèreraient oublier).
Car finalement si l’on se penche de plus près sur la filmographie de Spielberg que peut on en ressortir?
La banlieue américaine, sa réflexion sur sa judéité, les enfants inadaptés et enfants de divorcés forcés de grandir trop vite, le rapport compliqué au Père puis à sa propre paternité, le rapport entre l’Histoire et les histoires et la quête de la vérité cachée derrière les choses… finalement, c’est tout cela les obsessions et l’âme du cinéma de Steven Spielberg.

Sa cinéphilie et son amour de la pop culture?
Ce sont en fait des véhicules pour transmettre des vérités beaucoup plus profondes aussi simples que complexes.
Si la pop culture, la science-fiction, l’aventure, le fantastique… sont bien des composantes de son cinéma c’est surtout parce que, comme tout un chacun, Spielberg est un produit de son environnement et de son époque.
Une époque qui voit l’arrivée de la télévision, du cinéma de SF cheap, des drive-ins où on se bécotent devant des « double feature », des dessins animés du samedi matin, des EC Comics,  de l’obsession pour les martiens, du rock, de l’essor de la culture adolescente corollaire de la société de consommation.
Tout cela c’est le terreau dans lequel a grandi le réalisateur et il est bien normal qu’il s’en nourrisse, c’est l’environnement naturel dans lequel s’exprime les sentiments des jeunes d’alors comme l’internet et celui de la génération actuelle.

Quand à son amour pour le cinéma classique hollywoodien?
Hé bien, il rentre de plein pied dans le phénomène d’hybridation dont nous parlions à propos de la scène « Shining ».
L’héritage spielbergien c’est de faire cohabiter l’héritage de la Nouvelle Vague française avec le plus pur classicisme américain et la pop culture afin de toucher le plus grand nombre pour transmettre sa vérité, sa vision du monde.

« Il voulait qu’on sache qui était derrière ce jeu. »

Media est le pluriel du mot latin medium qui signifie le milieu, le centre.
Dans le domaine des communications ou de la philosophie, le medium est l’intermédiaire qui permet de transmettre un savoir, une opinion, une vérité.
Le cinéma, la pop culture, internet, les jeux vidéos, les livres… ne sont finalement que ça, des intermédiaires entre nous et des personnes qui cherchent à exprimer consciemment ou non leurs personnalités, leur monde intérieur et à établir un lien avec le monde autour d’eux.
C’est ce qu’a toujours voulu faire Spielberg/Halliday, l’enfant de divorcés reclus dans sa chambre avec ses jouets et se sentant rejeté par les autres enfants, une personne se voyant comme un freak même parmi ses camarades du Nouvel Hollywood.
On pourrait presque dire que le Cinéma lui a sauvé la vie en lui donnant un moyen de communication, un vecteur lui permettant d’exprimer les conflits, les peurs, les bonheurs qui l’agite pour toucher du doigt l’âme des spectateurs.
Certaines personnes pourront voir un narcissisme derrière ce que l’on appelle la démarche d’auteur mais nous préférons y voir la beauté du langage des inadaptés sociaux qui réussissent à se faire une place sans renier leur singularité.
Mais le sous-texte du réalisateur ne s’arrête pas là.

-« C’est la moto de Kaneda dans Akira.
-Non pas la moto. Oublie la moto. Je te parle de la fille. »

Ce dialogue qui intervient dans le 1er quart d’heure du film est très certainement la clef de tout le film.
Il rejoint tout ce que nous avons exprimé plus haut en nous recommandant donc de prendre du recul et de ne pas nous attacher à l’apparat (la moto) mais bien au centre émotionnel du film (la fille).
Et l’ensemble du film ne parle que de cela au travers de ses deux versions de Spielberg que sont Halliday et Wade, deux hommes qui courent chacun après une fille mais dont la quête s’achèvera bien différemment.
Halliday c’est l’homme qu’aurait pu devenir Spielberg s’il était resté seulement centré sur sa quête intérieure, un artiste qui réussit à exprimer sa personnalité au monde mais qui n’arrive pas à résoudre ses conflits intimes.
Alors que Wade est celui que le réalisateur est devenu en comprenant la nécessité de s’ouvrir aux autres.

Wade comme Spielberg n’a pas seulement appris à maitriser les arcanes de sa passion (le jeu video pour l’un, le cinéma pour l’autre) mais a compris la nécessité de s’ouvrir aux autres d’abord par affinités (les autres joueurs ou les autres réalisateurs) puis à la femme qu’il aime, à ses modèles (passé un certain point Wade ne poursuit plus sa quête pour lui mais pour la mémoire d’Halliday) et au monde.
C’est toute la valeur du parcours de ce héros et de la conclusion qui n’est pas, et nous le rappelons encore une fois, d’éteindre vos écrans.
Non, la leçon que veut transmettre Steven Spielberg c’est d’entretenir une « relation d’artiste » au monde qui nous entoure en sachant basculer en permanence d’une dimension (l’imaginaire) à l’autre (le réel).

Nourrissons nous de nos expériences et de notre personnalité pour développer ce merveilleux monde de l’imaginaire plutôt que de sans cesse reproduire le passé. Ne le renions pas mais emmenons le ailleurs.
Mais utilisons aussi ce medium pour nourrir notre propre vie grâce au terreau fertile que nous lègue tous ces artistes.
Tirons des leçons de toutes ces histoires et ces expériences qu’ils nous procurent pour grandir non pas en tant qu’adultes mais en tant qu’êtres humains.

L’important ce n’est pas votre nouvelle skin sur Fortnite mais le pote avec qui vous jouez en ligne.
L’important ce n’est pas de savoir si c’est Iron-Man ou Captain America qui a raison dans Civil War mais comment le forumeur en face de vous vous permet d’affuter vos arguments et votre réflexion.
L’important ce n’est pas de prendre son pied à voir Wolverine embrocher les méchants (même si c’est cool, oui) mais d’intégrer le message de tolérance des X-Men de Claremont.
L’important ce n’est pas de voir Luke faire tournoyer son sabre laser et voltiger dans l’espace mais son conflit intérieur face à son père.
Alors jouez, lisez, matez des films, débattez, vivez et utilisez tout ça pour reprendre le flambeau si vous voulez créer ou juste pour rencontrer les autres.
L’Homme est et sera toujours un animal social quel que soit le medium.

Sur ce nous nous éclipsons sur une dernière image qui peut résumer à elle seule tout le Cinéma de Steven Spielberg: rencontre de l’imaginaire et du réel, transmission de la sagesse de l’âme, ouverture vers l’Autre.

CWYOasAUsAEuS3a
©Universal Pictures & Amblin Entertainment

 

 

 

 

 

 

 

 

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