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The Stars that Shine and the Stars that Shrink (Dazzler Spécial Origines)

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©Marvel Comics

Avant de parler du superbe Marvel Graphic Novel  et du magnifique épisode Assistant Editors’ Month consacrés à Alison Blaire, revenons un peu sur la genèse de son comic book qui s’inscrit dans une des premières tentatives multimédias de Marvel.

Cette série, publiée à l’époque dans Titans (et lecture favorite de tous les lecteurs, j’en suis sûr), aurait tout aussi bien pu être classée dans la section « produits dérivés » au même titre que GI Joe ou Star Wars mais les vicissitudes de sa production en firent un ovni dans le paysage comics (encore plus que Rom ou Micronauts).
Les origines de Dazzler sont tellement tordues que circulent dorénavant deux versions différentes quand à sa conception.
La première et plus crédible (car d’époque) fut publiée dans une longue interview de Tom DeFalco, Louise Jones (future madame Simonson) et Roger Stern pour Comics Feature en 1980.

Suite au succès des comics consacrés au groupe Kiss revue à la sauce « superslipesque »,  la maison de disques Casablanca Records (les rois du disco) décide de lancer, conjointement avec Marvel, un projet qui se déclinerait à la fois dans le domaine de la musique, du cinéma et des comic books.
La maison de disque lancerait donc une nouvelle chanteuse disco dont les aventures fictives seraient déclinées en comic book et en film.
Afin d’accentuer la ressemblance avec le monde des super-héros, on dote la belle d’un maquillage inspiré de celui du guitariste de Kiss, Ace « Guitar God Spaceman » Frehley.

DazzAce

Voulue comme un série de super-héros lorgnant sur les romance comics, Marvel confie les scénarios à un ancien d’Archie Comics, Tom De Falco, et les dessins au jeune débutant John Romita Jr.
Casablanca voit alors les choses en grand et demande à Marvel de produire des crossovers entre le nouveau personnage et les têtes d’affiche que sont les X-Men, Spider-Man et les Fantastic Four pour mieux servir de rampe de lancemant au propre titre de la belle.
Mais la production du titre patine suite aux multiples remaniements demandé par la compagnie de disque.
Ainsi, JR jr produit tout d’abord un design ressemblant à Grace Jones avant de se voir prié de revoir sa copie suite aux demandes du studio Filmworks qui souhaite promouvoir la présumée star du futur film, Bo Derek.

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Pareillement, DeFalco doit réécrire plusieurs fois le script afin de satisfaire les exigences des divers intervenants.
D’abord nommée Evelyn Free (evil n’ free – méchante et libre), Dazzler est une femme black au caractère bien trempée, calquée sur les personnages joués par l’actrice Pam Grier et dotée d’un pouvoir vocal forçant les gens à dire la vérité, la miss devient petit à petit une ingénue blonde capable de convertir le son en lumière répondant au nom d’Alison Blaire tandis que le scénario doit faire intervenir de plus en plus de héros de la compagnie (les X-Men, Spidey, DD, les Avengers, les FF…) dans ce qui ne doit constituer qu’un album unique (un one-shot donc).
Pareillement le nom de code passe successivement de Disco Queen à Disco Dazzler puis Dazzler tout court.

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©Marvel Comics

Pendant ce temps, la vague disco retombe et Casablanca commence à se trouver confronté à des soucis financiers puis se retire du projet bientôt suivi par Filmworks. Mais le projet a déjà été annoncé partout par Marvel qui se retrouve avec sur les bras un personnage tout juste introduit dans Uncanny X-Men mais déjà has-been bien que survendue comme la nouvelle merveille du comic book.

La version des origines de Dazzler contée par Jim Shooter en 2011 diffère sur plusieurs points.
Selon lui, Dazzler était un projet initié directement par la vice-présidente de Marvel afin d’émuler le modèle des Archies.
Les Archies étaient un groupe assemblé afin d’interpréter les chansons du dessin animé Archie lui-même adapté du célèbre comic book.
D’une certaine manière, cela fait sens avec la présence de DeFalco au scénario de Dazzler puisqu’il écrivait Archie durant la période de succès des Archies.
C’est ensuite Shooter qui aurait démarché le boss de Casablanca Neil Bogart qui, enthousiasmé par le projet, accepta illico et proposa d’en faire un film animé puis, suite au script rédigé par Shooter pour le D.A. (au script tellement tordant qu’il mériterait sont article), d’en faire un film live.
C’est après le retrait de Casablanca que le staff de Marvel serait allé démarcher divers studios lors du festival de Cannes et qu’ils auraient rencontré Bo Derek qui aurait accepté illico
Shooter appuie sa version avec cette photo…

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©Marvel Comics

… de Bo et son mari John prise à Cannes et où ce dernier tient quelques Marvel Comics dans sa main (selon Shooter, la vice-présidente de Marvel était aussi sur la photo mais fut coupée pour la couverture).
Ce serait le désir de ce dernier de s’imposer comme réalisateur et diverses « guéguerres » typiques des studios qui aurait conduit à l’éjection de Shooter de son poste de scénariste du film et à l’enterrement du projet.

Laquelle de ces deux versions est vraie, je n’en sais rien même si celle de Shooter, malgré toute l’admiration qu’on lui porte, semble sonner comme un délire cocaïné ou les souvenirs d’un homme atteint d’Alzheimer.

La seule chose qui est sûre c’est que l’ex big boss « marvelien » semble être le seul à s’être totalement amouraché du personnage (à moins que ce ne soit la marque d’une ego mal placé) et c’est là que, dans un premier accès de mégalomanie, Shooter, plutôt que de s’avouer vaincu, décide quand même de lancer une série régulière consacrée à la belle sur le marché.
Et attention !! Pas n’importe comment.
Le big boss tente un coup de poker et fait de Dazzler le premier comic-book (mainstream) exclusivement distribué en comic-shops (marché alors naissant).

Hmmh !! Un personnage féminin aux aventures style harlequin-disco vendu seulement dans des boutiques uniquement fréquentées par des nerds de sexe masculin.
Mauvaise pioche, Jim !!

Et c’est ainsi que passés les 400,000 exemplaires vendus du premier numéro, Dazzler voit ses ventes plonger dans les tréfonds du classement et devient un personnage conspué par tout le fandom.
Il faut dire que l’équipe créative a vite pris la poudre d’escampette (Jrjr au numéro 3 et De Falco au numéro 5) et que pendant que se succèdent au chevet de la belle tous les éditors Marvel (mais alors vraiment tous!!) dans un défilé ininterrompu de médiocrité, les crayons sont confiés à la team ultime, celle qui fait mouiller ses dessous à n’importe quel amateur de beaux dessins :
Frank Springer et Vince Colletta !!!

Frank SpringerColletta

Bref, la série poursuit son chemin cahin caha durant deux ans en enfilant tous les clichés les plus débiles sur Hollywood dans une ambiance proche des pires épisodes de Dynastie quand Jim tape soudainement du poing sur la table et décide que « ça suffit !!! On va leur montrer à ces abrutis de lecteurs que Dazzler c’est de la super-bonne et que c’est l’égérie de Marvel!!Non mais oh !! C’est qui le chef !!! Roger remet moi un saladier de coke !! Et plus vite que ça !! ».

Et voilà donc que le grand editor (par la taille) sort le grand jeu et lance la production d’une mini-série avec The Beast (le Fauve des X-Men), confie les couvertures de la série régulière à Bill Sienkiewicz, passe la même série bi-mensuelle à partir du numéro 25, lui offre une place de choix dans l’Assistant Editors Month et s’installe derrière sa machine à écrire pour nous pondre un Marvel Graphic Novel.
Toutes ces manoeuvres sont censées montrer à tous l’intérêt de ce personnage mais ne vous inquiétez pas, la médiocrité attachée au personnage et l’ambiance telenovela surcocaïnée seront toujours là.

La suite ici puis ….

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©Marvel Comics

1 réflexion au sujet de “The Stars that Shine and the Stars that Shrink (Dazzler Spécial Origines)”

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