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Swords Of The Swashbucklers 1/2 (Bill Mantlo / Jackson Guice)

SOS Cover
©Bill Mantlo & Jackson Guice

A côté des génies reconnus ou non, on trouve aussi de sympathiques artisans, comme Dan Abnett & Andy Lanning de nos jours, qui n’aspirent qu’à produire de la meilleure manière possible des histoires bien écrites sans autre ambition que d’offrir le meilleur divertissement existant et se révélant parfois plus intelligents et profond que d’autres oeuvres se voulant ambitieuses.
Ainsi, le Marvel Graphic Novel d’aujourd’hui est l’oeuvre de deux auteurs, avouons-le, en dessous du niveau d’Elaine Lee et Mike Kaluta mais pour lesquels nous avons toujours eu ici une affection particulière : Bill Mantlo et Jackson « Butch » Guice.
Deux artistes finalement assez similaires dans leurs qualités et leurs défauts mais dont nous avons toujours pris plaisir à suivre leurs prestations.

Tous les vieux lecteurs ayant eu entre les mains des publications Lug ou Aredit ont certainement croisés le nom de Bill Mantlo de multiples fois dans les crédits de différentes séries et l’ont probablement vite classé dans la catégorie des producteurs de fill-ins ou comme roi des adaptations (jouets, films, séries TV voire carrément des trucs bien WTF comme Hulk vs Quasimodo, Contest of Champions ou l’Araignée aux Jeux Olympiques d’hiver).
Cette réputation n’est pas fausse mais incomplète et passe rapidement sous silence ses prestations sur des séries où il montra toutes ses qualités de producteur de divertissement mainstream ainsi qu’une sensibilité toute personnelle.

Bill Mantlo

Bill Mantlo est né à Brooklyn le 9 novembre 1951 et fut un grand dévoreur de culture populaire (films, séries TV, comics, romans populaires…).
Intéressé par la peinture et la photographie, il commença d’ailleurs dans la photo avant qu’un ancien camarade de classe ne le mette en contact avec John Verpoorten en 1974.
Verpoorten est alors Production Manager chez Marvel et sa tâche consiste à coordonner les activités des différents intervenants de la chaîne de production des comics (scénaristes, dessinateurs, coloristes, lettreurs, imprimeurs…).
Il engage le jeune Mantlo au sein du staff de la compagnie comme homme à tout faire, le nouveau venu touchant alors autant à la correction de dessins qu’au lettrage ou à la colorisation tout en nouant au sein du staff quelques solides amitiés.

Rapidement, il se voit offrir une chance d’écrire afin de combler le départ précipité du scénariste de la bande Sons of the Tiger dans l’anthologie Deadly Hands of Kung-Fu qui devient sa première série régulière.
Comme dit dans un post précédent, les 70s ne furent pas tendre avec Marvel qui, à avoir voulu grossir trop vite dans un marché implosant, se retrouva vite confrontée à des ventes fléchissantes, des problèmes de retards et un turn-over d’editors in chief incessant qui l’amenèrent bien près du gouffre.
Essayant de résoudre tous ces problèmes, Archie Goodwin prend une première décision lors de son arrivée au poste d’EIC afin de combler les retards.
Il institue une véritable politique de fill-ins en faisant produire des stocks d’épisodes par de jeunes et rapides scénaristes, ce qui permet aussi aux nouveaux arrivants de se faire les dents et à l’editor de pouvoir pallier aux retards des équipes régulières pour ne pas avoir à payer de pénalités auprès des imprimeurs.

Productif et très souple dès qu’on lui demande des réécritures ou de collaborer avec d’autres scénaristes, Mantlo intervient alors sur quasiment toutes les séries Marvel afin de produire de multiples bouches-trou, de conclure des séries proche de l’annulation (Morbius, Champions…), de filer un coup de main aux scénaristes à la bourre (il collabore ainsi avec Chris Claremont sur Uncanny X-Men 96 et 106) ou de reprendre des séries dont tout le monde se fout sur une durée plus longue (Marvel Team-Up et Marvel Two-In-One).
De toute cette période, on peut principalement retenir ses runs sur Sons of the Tiger, Marvel Team-Up et Iron-Man (très bon cycle souvent éclipsé par celui de ses successeurs, David Michelinie et Bob Layton).

ROM
©Parker Brothers & Hasbro Gaming

C’est lorsque Jim Shooter arrive au poste d’Editor in Chief et réorganise la production artistique de la compagnie que Mantlo va réellement se faire un nom.
Les deux hommes sont alors très proches, Mantlo n’hésitant pas à déclarer que Shooter est son modèle.
Profitant de la souplesse, de la créativité et de la rapidité du scénariste, Shooter en fait une pièce maîtresse de son échiquier puisqu’il fait de Mantlo le principal scénariste de tout ce que Marvel peut produire comme adaptations diverses.
Surfant sur le succès du comic book de Star Wars, Marvel accepte alors les licences à tout va parfois jusqu’à l’absurde (remember Dazzler, anyone ?).
Sous le règne de Shooter, Bill Mantlo intervient ainsi ou écrit intégralement, en vrac : Battlestar Galactica, Human Fly (un bon WTF ça), Man From Atlantis, Tarzan, Team America, Transformers, Sectaurs…

Mais c’est sur un quatuor de séries qu’il va vraiment faire montre de ses qualités.
Tout d’abord avec un double run sur Spectacular Spider-Man (dont le personnage est alors exploité à la télévision au sein de téléfilms puis d’un dessin animé) mais aussi avec un très long run sur The Incredible Hulk (surfant alors sur le succès de la série TV) où il développera des choses qui seront exploités par quasiment tous ses successeurs (de Peter David  et Paul Jenkins à Jeph Loeb et Greg Pak).
Mais c’est véritablement sur deux séries adaptées de jouets que Mantlo éclate : Rom et les Micronautes.

Créant des univers entiers et des galeries de personnages foisonnantes à partir de quasiment rien, Mantlo livre deux grandes sagas épiques, naviguant entre science-fiction et horreur, qui ne cessent d’offrir leurs lots de rebondissements haletants et de concepts frappadingues.
Sur ces deux séries, mais aussi sur Hulk et Spidey, on assiste à l’évolution d’un Mantlo au style finalement très proche du Claremont de l’époque (en un peu moins ambitieux, certes).
Même sens du soap et du sub-plot, même caractère épique, même intérêt pour les personnages proches de la folie ou à la sexualité troublée, même sens créatif débordant qui mêle hommages, récupérations et clins d’oeil à la création pure de personnages, même sens du retournement de situation qui les emmena à renverser la table plusieurs fois au cours de leurs runs quitte à pousser leurs séries dans leurs derniers retranchements… la parenté entre leurs styles est évidente.

Swords of the Swashbucklers trouve son origine dans les derniers épisodes des Micronautes.
La série du Microvers vit alors son second âge d’or grâce à l’arrivée d’un jeune dessinateur : Jackson Guice.

Jackson Guice

Né dans le Tennessee le 27 juin 1961, Jackson Guice (le pseudonyme Butch qu’il utilisera ensuite était en fait le nom de son chien comme pour Indiana Jones) trouve son premier travail régulier avec les Micronautes après que Mantlo lui eut mis le pied à l’étrier en le faisant précédemment ghoster le premier annual de Rom.
Sur les Micronautes, il brille en faisant montre d’une capacité singulière qui ne le quittera jamais, à savoir d’être un véritable artiste caméléon capable d’imiter les styles des plus grands (parfois jusqu’à la copie pure et simple) sans pour autant jamais perdre son identité propre qui fait qu’on reconnaît ses planches au premier coup d’oeil.

L’entente entre les deux hommes est immédiate et lorsque Guice renomme son atelier « Swashbuckler Studios », Mantlo plaisante en déclarant que ça ferait un bon titre de comic.
Sauf que la plaisanterie n’en était pas une et que le scénariste rappelle son dessinateur peu après en lui proposant deux séries qu’il entend bien proposer au label Epic : The Derangers, groupe de héros formé uniquement d’internés psychiatriques dont l’usage de leur pouvoirs les rend encore plus fous, et une série plus directement sous influence Star Wars/ Micronautes, Swords of the Swashbucklers donc.

Sauf que…

Pour la suite c’est par ici

Micronauts
©Marvel Comics & ©Mego Corporation

 

 

2 réflexions au sujet de “Swords Of The Swashbucklers 1/2 (Bill Mantlo / Jackson Guice)”

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