2099: The World of Tomorrow (of Yesterday), Graphic Nuggets, Marvel Extravaganza

Commercial Zone (Fantastic Four 2099 & X-Nation 2099)

2099ADGenesis
©Marvel Comics

Hop hop!!
Dernière ligne droite pour les séries 2099 traduites en VF et petite remise en contexte.

Comme dit précédemment (voir les posts sur Doom 2099 ici et là), les années 95-96 sont celles de tous les dangers pour Marvel Comics.
Voyant la vague spéculative de la première moitié des 90s brutalement s’effondrer et la banqueroute approcher à grands pas, l’éditeur new-yorkais perd son sang froid et opère de brutaux changements de direction quasiment tous les trois mois dans l’espoir de trouver la formule qui permettra aux ventes de repartir.
Cette période troublée voit l’éviction de Tom DeFalco du poste d’editor-in-chief au profit d’une auto-gestion de chaque famille de titres par leurs editors respectifs avant de voir l’arrivée de Bob Harras à la tête du pôle créatif de la compagnie.

C’est dans ce contexte pour le moins chaotique que l’editor des titres 2099, Joey Cavalieri, se trouve mis à la porte sans ménagement.
Mis devant le fait accompli, une bonne partie des scénaristes du label choisissent de quitter leurs séries en soutien à leur editor, Peter David et Warren Ellis en tête.
Faisant face à cette fuite de talents, Marvel décide de mettre un terme à la période 2099 A.D. Et de relancer cet univers dans une nouvelle voie qui ne sera que la première de nombreux remaniements: X-Nation 2099.

Parallèlement, le nouvel éditeur colmate les brèches scénaristiques/artistiques en ramenant des talents précédemment vus chez la Distinguée Concurrence.
Pour donner le change quant à la santé du label, ou bien par habitude, la compagnie entérine le fait en mettant en chantier trois nouvelles séries: Fantastic Four 2099, X-Nation 2099 et Daredevil 2099.
Ces nouveaux titres et leurs contextes respectifs sont introduits au sein d’un one-shot introductif, 2099 A.D. Genesis (cf les posts sur Doom 2099 encore une fois).
Caractéristique de cette période chaotique, seulement deux de ses séries seront finalement publiées, la version futuriste de DD restant à jamais dans les tiroirs de Marvel.

FF2099.1
©Marvel Comics

Fantastic Four 2099

– Pitch: Sounds like déjà-vu !!!

Première lancée afin de marquer la « renaissance » (ahem) du label, la série consacrée à la version 2099 du quatuor fondateur de Marvel est confiée à un scénariste habitué à évoluer dans la sphère de DC Comics : Karl Kesel.
Cet auteur, qui s’occupe alors en parallèle de Aventures of Superman et de Superboy est un scénariste professionnel et un bon artisan habitué à écrire des titres funs et frais.

Malheureusement, Kesel se trouvera assez peu à son aise dans ce nouvel univers, développant un comic book d’aventure certes agréable mais qui semble sorti des années 70 (enfin, c’est moins has-been que Ravage quand même).
Cette version des F.F. apparaît donc vite comme un ovni au sein de ce sombre futur.

L’autre et principal problème de cette série est qu’elle copie un thème déjà vu dans la série Doom 2099, à savoir si nos héros sont bien les vrais F.F. débarqués de notre époque.
Et si  John Francis Moore sut jouer avec maestria de ce point là, Kesel se trouve beaucoup moins à son aise vu que c’est le seul et unique thème qu’il développe dans ses épisodes.
Si le premier épisode contient son lot de promesses scénaristiques et graphiques intéressantes, le doute quant à la capacité du scénariste à mener son intrigue sur le long cours commence à poindre dès le second épisode avant de complètement se dégonfler dans les épisodes suivants.
Kesel quitte la série après le cinquième numéro (dernier publié en VF) pour partir reprendre Daredevil où son ton enjoué et son sens de l’aventure feront merveille (lisez ces épisodes, c’est bien) après les élucubrations de Dan Chichester.

Côté graphique, la série commence sous les meilleures auspices avec la présence de la paire Rick Leonardi & Al Williamson aussi efficace que d’habitude mais qui, couplée avec le plot de Kesel, laisse un goût étrange.
On sent clairement la volonté éditoriale de reprendre sur ce titre les recettes qui ont marché sur les premières séries 2099.
De toute façon, Leonardi quitte la bande des quatre après ce premier épisode (et la couverture du second numéro).

Un John Buscema professionnel mais clairement rétro (accentuant donc l’impression d’anomalie qu’on ressent à la lecture) assurera l’intérim le temps d’un numéro avant que Matt Ryan, habituellement encreur, s’installe au poste et rende une copie molle et sans saveur avant de partir en même temps que Kesel.
Les quatre derniers numéros sont inédits en VF.

Petit survol rapide de la série :

« En 2099, au sein de la zone négative, les FF s’éveillent d’un sommeil de 100 ans et rejoignent la Terre.
Une fois débarqués chez nous, le quatuor se retrouve pourchassé par Doom, la compagnie Stark Fujikawa qui affirme qu’elle a crée ces Fantastiques et les autres corporations souhaitant mettre la main sur leurs pouvoirs.
Nos amis passeront donc leur temps à fuir leurs poursuivants tout en essayant de percer le mystère de leurs origines/souvenirs. »

XNation2099.1.jpg
©Marvel Comics

X-Nation 2099

– Pitch : bienvenue aux JMJ !!

Cette série qui était censée devenir la nouvelle pierre angulaire de l’univers 2099 et lancée à grands roulements de tambour deviendra vite une déception totale et ne durera que 6 numéros (3 en France) tellement les scénaristes ne sauront que faire de celle-ci.
Annoncée de puis longtemps et mise patiemment en place au sein de divers titres (Doom 2099, X-Men 2099, AD Genesis), la nouvelle série commence sous la direction de Tom Peyer.

Ce scénariste, principalement actif chez DC, sort alors d’un long run sur les séries Legion of Super-Heroes et Legionnaires.
Marvel semble donc avoir eu le nez fin en confiant la série à un scénariste habitué à la science-fiction, aux titres de groupes et aux héros adolescents.
Pourtant, alors que la mise en place de la série semblait annoncer quelque chose dans le style des titres X habituels (subplot au long cours et tutti quanti), Peyer passera son temps à développer des petites bluettes sans intérêt avec force clichés éculés sur les adolescents rebelles.
Les ambitions de la série se dégonflent dès le premier numéro et le scénariste quitte le titre à la fin du numéro 3 après avoir développé… ben, pas grand chose !!

« Dans la ville de Halo City (voir le post sur X-men 2099 ici), une groupe de jeunes mutants, au sein duquel est censé se trouver le futur messie de la race, se trouve confié à la garde de la sororité des Howling-Commandos (des nonnes à gros flingues, ça aurait pu être marrant).
Nos héros aime bien faire le mur, boire un coup de narco-lait au milk bar du coin et taper le vilain de passage. »

Au crayons, Marvel place, dans le même souci de pêcher chez la concurrence les artistes adéquats à leurs propres nouvelles séries, le jeune prodige dont le talent explose alors sur le titre Impulse: Humberto Ramos.
Arrivant avec son trait cartoony et ses grands pieds, l’artiste rend une copie nette et sans bavure même si tout son talent ne réussira pas à rehausser l’intérêt du lecteur pour la série.
Il réalise donc ses trois petits numéros et repart voir Impulse et lancer avec Warren Ellis l’un des titres les plus choquants publié chez un éditeur mainstream et présentant des adolescents autrement plus rebelles qu’ici: DV8 (à lire, ne serait-ce que pour se faire un avis. Âmes sensibles s’abstenir par contre).

Nous terminons donc ici le tour des séries 2099 publiées en VF à quelques exceptions près (les morceaux épars de 2099 Unlimited) que nous traiterons rapidement dans les articles suivants à côté des épisodes et titres inédits en VF et des projets jamais publiés.
Les 46 numéros du magazine Semic (puis Panini) 2099 restent quand même au final un investissement sympathique puisque contenant pas moins de 3 très bonnes séries (Doom, Spider-Man et Ghost Rider), d’une autre série disons… classique (X-Men) et d’une série Z jouissive si prise aux Xème degré (et de préférence sous psychotropes (Ravage)).

XNation2099.2
©Marvel Comics

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