Assistant Editors' Month, Marvel Extravaganza, Marvel Special Months

Marvel Fanfare 12

Marvel Fanfare 12.1
© Marvel Comics

Et si… et si ce magazine anthologique était à l’origine de l’Assistant Editors’ Month ?
Hé bien c’est tout à fait possible, ma petite dame.

Allez, on remet le tout dans son contexte.
Cette anthologie bimestrielle est lancée début 1982 et se veut comme une vitrine de luxe du catalogue et des talents de Marvel.
Elle permet ainsi aux créateurs de s’exprimer sur les personnages qui les tentent avec plus de liberté sans avoir à se soucier des événements en cours dans les mensuels (même si certains récits furent intégrés a posteriori dans la continuité).

De plus, elle sert à désengorger un peu les placards de Marvel en publiant des histoires de complément inutilisées jusqu’alors.
Le tout est publié sur beau papier et inclus souvent des portfolios de grands artistes (Bill Sienkiewicz, Walt Simonson, Kevin Nowlan, Charles Vess, Bret Blevins…).
Il n’est pas rare aussi d’y trouver de petites histoires comiques ou une pin-up de-ci de-là. Bref, c’est l’auberge espagnole et comme pour toutes les anthologies le résultat est irrégulier (mais avec plus de hauts que de bas).

A cela, on peut ajouter d’autres caractéristiques amusantes.
Ainsi, le timbre en haut des couvertures présente le plus souvent un portrait de l’editor du titre, Al Milgrom, en lieu et place d’un héros Marvel.

Marvel Fanfare 12.2
© Marvel Comics

De même, chaque numéro de Marvel Fanfare s’ouvre sur une parodie de sunday page intitulée Editori-Al (pour Milgrom) et mettant en scène une version cartoony de Milgrom délirant sur l’histoire du mois.

Marvel Fanfare 12.3
© Marvel Comics

Et chaque numéro se termine sur un éditorial de Shooter essayant d’imiter le style Stan Lee et nous décrivant la vie trépidante et quasi-familiale (mais bien sûr, Jim!) de la maison Marvel.
Tout ceci rappelle bien des points qu’on a pu noter dans les différent comics prenant part à l’Assistant Editors’ Month et, considérant son implication dans le projet (il a participé à un grand nombre de ces numéros que ce soit en dessinant certains timbres ou certaines « sunday pages » ainsi que l’épisode d’Avengers), il n’est pas impossible que Milgrom soit à l’origine de cette opération, ou que Shooter se soit inspiré de ce magazine pour son délire du mois.
Du coup, ce numéro de Marvel Fanfare s’intègre parfaitement dans l’AEM sans dépareiller par rapport aux numéros précédents de la revue et la tâche ne fut sûrement pas trop ardue pour l’assistant editor du titre, Ann Nocenti.
Ceci peut aussi expliquer sa réussite pour se couler dans le moule de l’AEM sur les autres séries alors à sa charge.
Mais rentrons dans le vif du sujet afin de parler de ce numéro et poussons le sympathique Al dehors pour nous délecter des trouvailles de la jolie Ann.

Marvel Fanfare 12.4
© Marvel Comics

Passé le changement de timbre sur la couverture, on entame la lecture par l’editori-Al renommé du coup Editori-Gal (girl) et mettant en scène une Nocenti très fleur bleue et surtout bonne poire vu qu’elle accepte toutes les suggestions que lui soumettent les auteurs en l’absence de Milgrom… ainsi que toutes les excuses que lui fournissent ceux qui ne veulent pas travailler.
Le résultat est frais et fonctionne mieux que les pages de…  au hasard,Mike Carlin.

Marvel Fanfare 12.5
© Marvel Comics

(notez à nouveau le poster de Longshot derrière elle)

Vient ensuite le gros morceau du magazine : la Black Widow de George Perez.
Cette histoire (publiée dans le premier Marvel Fanfare français) poursuit son chemin développé dans les trois numéro précédents et continue dans le registre action-espionnage efficace.
Perez développe ici son premier portrait de femme forte (avant sa reprise de Wonder Woman 2 ans plus tard) et livre des planches dont la beauté est équivalente à celles qu’il fournit alors sur les New Teen Titans même si on peut émettre quelques réserves quant à l’adéquation du graphisme de George pour ce type de récit.

Arrive ensuite la seconde histoire du magazine qui nous présente les tribulations de Nocenti en compagnie de l’auteur Roger Stern.
Ecrite à quatre mains par les auteurs pré-cités et dessinée par Milgrom lui-même, cette petite histoire est bien marrante et se paie le luxe de nous livrer le clin d’oeil borgèsien le plus fin de tout l’AEM.
Tellement fin qu’il pourra échapper à bien des lecteurs.

Mais on vous laisse d’abord lire cette histoire tranquillement.

Marvel Fanfare 12.6Marvel Fanfare 12.7Marvel Fanfare 12.8Marvel Fanfare 12.9Marvel Fanfare 12.10Marvel Fanfare 12.11Marvel Fanfare 12.12

Marvel Fanfare 12.13
© Marvel Comics

Bon, on est difficilement objectif pour le coup car on adore tous les gags :

  • le Bullpen rempli d’auteurs au bord de la crise de nerfs.
  • le « I knew she was bright but that’s ridiculous ».
  • le marteau brise-glace et le costume à n’utiliser qu’en cas de crise d’identité.
  • le vrai Cap suivi de Stern.
  • le dialogue sur les onomatopées.
  • la confrontation de « Cap » et des voyous.
  • l’intervention finale de Bill Mantlo.

Bref, personnellement, on aime tout et on trouve que c’est le récit le plus réellement drôle de tout l’AEM.

Ah oui, le clin d’oeil !!!
Comme on peut le constater dans ces pages, Stern est en pleine panne d’inspiration et ne la retrouve qu’après avoir compris que la vrai force de Cap c’est sa force d’âme, conviction renforcée après sa confrontation avec les voyous (des gens ordinaires) qu’il réussit à vaincre « grâce » à son discours engagé.
Puis Stern repart en déclarant qu’il a enfin trouvé l’inspiration pour une histoire de Cap.
Ce qu’il convient de savoir, c’est qu’à cette période, Roger Stern est en pleine négociation avec le staff éditorial pour faire publier une vieille histoire de Cap, dessinée par Frank Miller, où le héros est plongé dans un récit réaliste duquel il sort victorieux grâce à ses convictions (exprimées dans un discours final assez similaire à celui de ce Marvel Fanfare).
Hé bien, ce fameux épisode sera finalement publié quelques numéros après dans cette même revue.

MillerFanfare
© Marvel Comics

Le reste du numéro est complété par l’habituel portfolio, cette fois-ci confié à Rick Leonardi, et par le rituel billet éditorial, rédigé ici par un coloriste qui décrit l’ambiance chez Marvel avant de se fermer sur la traditionnelle pin-up de dernière page représentant ici Nocenti et « Captain Stern ».

Marvel Fanfare 12.19
© Marvel Comics

Au final, ce magazine se déguste comme un gâteau de grand pâtissier et constitue une franche réussite (certes, le format s’y prêtait déjà) de l’AEM comme des deux auteurs qui sont ceux qui se sortent le mieux de cet exercice imposé (si on fait exception du Avengers de Stern).
Si vous vous intéressez à Marvel Fanfare, vous pouvez trouver plusieurs récit adaptés en francais dans la revue éponyme d’Artima et dans une multitude de revues publiées tant chez Artima que chez Lug donc bon courage pour les dégoter en VF mais vous ne regretterez pas le voyage.

Marvel Fanfare 12.14Marvel Fanfare 12.15Marvel Fanfare 12.16Marvel Fanfare 12.17

Marvel Fanfare 12.18
© Marvel Comics

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s